Comme les autres maraîchers, Joël Picard à Gargenville, mise sur la vente directe

4 avril 2020 | Gargenville, Les marchés des Deux Rives

Avec l’interdiction des marchés, les agriculteurs locaux innovent pour écouler leur production. Ainsi, Joël Picard s’est mis d’accord avec Journal des deux rives pour proposer ses fruits et légumes le samedi, ce sont des paniers de 20 euros. Claire Surgis, quant à elle, les dépose au point relais de Triel 74 rue Paul Doumer le Mercredi. Le retrait a lieu le jour même à partir de 16 heures …

En harmonie avec la terre

La filière « maraîchère » en Ile-de-France résiste bien à la crise et surtout profite d’une prise en compte généralisée de la mode de la proximité. Certains connaissent bien Joël Picard du fait de sa visibilité aux marchés de notre région.(1)

Picard est un nom en harmonie avec la terre. Qui n’a pas vu les paysages fertiles de la Picardie en pleine récolte dans des documentaires ou des films sur l’agriculture ? A 50 ans, Joël Picard est un homme qui sème depuis ses premiers souvenirs dans la Plaine de Triel. Il est d’ailleurs né à Carrières-sous-Poissy. Il n’a jamais cessé de travailler la terre car, pour lui, la terre est nourricière de l’Homme. Pendant la période industrielle du XXe siècle dans la Vallée de la Seine, lui, il voyait – et voit toujours – la terre comme une « usine » à donner du travail et à « fabriquer » la nourriture – fruits et légumes – à sa population grandissante. Mais l’urbanisation grandissante met la pression sur l’activité agricole : les promoteurs et citadins veulent un morceau de la Nature pour implanter un ensemble immobilier ou pour des loisirs individuels.

Marié et père de deux enfants, Joël Picard exploite – en affermage – quelques d’hectares à Gargenville et cultive – en directe propriété – soixante hectares à Vert. Il s’est également battu, et avec succès, aux Mureaux, contre le projet avorté de F1.

Le cycle court est devenu pour lui une nécessité économique : Il y a quelques années, il avait été refoulé au marché de Rungis par un intermédiaire qui lui expliqua que son produit était ” en retard “. Sur le champ, cet opportuniste demanda et obtint une très forte remise de la part de Picard, qui se montra triste et abattu.

Surprise le lendemain dans les étales du marché d’Elizabethville (près de Gargenville), son produit était bien rangé et se vendit le triple voir le quadruple du montant encaissé par Joël Picard. Le monde semblait s’effondrer devant ces étales. Quoi faire ? Deux solutions se profilaient : soit on arrête tout, soit on met en place un circuit court. Sa femme, Valérie, issue aussi d’une famille d’agriculteurs, a corroboré avec des arguments solides : « L’agriculture intensive a vécu… les agriculteurs ont fait des erreurs » et tout le monde se trompe dans cette course à un objectif qui s’est éloigné au fur et à mesure que l’on avance. « Les céréaliers [bénéficiaires de la Politique agricole commune, PAC] doivent cesser aussi de piquer nos terres car pour eux c’est la recherche de la prime du territoire qui les intéresse… On pourrait même réfléchir à supprimer la PAC ou au moins la réformer » avec un objectif d’équité et d’aménagement du territoire. Pour Valérie, « il faut soigner notre outil de travail, la terre, et penser à nos enfants ! » Loin de se plaindre, le couple Picard est prêt à continuer à condition que l’on « arrête de nous décourager avec des normes » incompréhensibles et impertinentes.

Les générations futures sont au cœur de leurs préoccupations car le couple de maraîchers a deux enfants qui assureront – on l’espère – la relève. Le plus âgé, Sébastien, prépare un diplôme d’ingénieur et Noémie, scolarisée à Gargenville, suit une vie ponctuée par les saisons. Les produits de chez nous du maraîcher Picard sont disponibles aux marchés locaux à Poissy, depuis six ans, à Mantes depuis dix ans, et à Verneuil depuis neuf ans.

Et la dimension bio me direz vous ? Sans tomber dans le dogma bio, M. Picard « essaie au maximum d’utiliser les engrais organiques » ; chez lui, il exploite la terre ” comme ses grands parents dans les années 1940 “, qui par définition était plus proche d’une pratique bio de l’agriculture. On définira cela comme une agriculture raisonnée et raisonnable pour l’environnement et pour le besoin immanent de nourrir les habitants dans les Deux rives.

PANIERS DU MERCREDI
Claire Surgis ferme des Épinettes
Appeler le 06 23 13 23 87 (cliquez)
possibilité SMS
Contacter par courriel Claire Surgis
claire.surgis@gmail.com

PANIERS DU SAMEDI
Pour un panier de joël, contacter Hervé
Appeler le 07 67 53 45 63 (cliquez)
possibilité SMS
Ou le courriel d'Herve
laboutiquedesdeuxrives@gmail.com
Le Marché de Vernouillet

Le Marché de Vernouillet

LE MARCHÉ DE VERNOUILLET EST FERMÉ PENDANT LA PÉRIODE DE CONFINEMENT (DÉCISION DU PRÉFET DES YVELINES)

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